Au revoir, Monsieur Frank...
Publié le 1 Décembre 2025
Inévitablement, la disparition d'un auteur de BD fait remonter des souvenirs en images.
De Frank Pé, me reviennent à la mémoire de magnifiques illustrations tirées de Zoo, de La Bête, de Spirou... Mais c'est surtout à Broussaille que je songe.
Sans doute parce qu'étant moi-même rouquin, l'identification au personnage joue pleinement son rôle. Je n'ai pas attendu d'avoir un appartement et un chat "à moi" pour que La Nuit du chat devienne une de mes histoires préférées de tous les temps. J'avais 13 ans lors de sa prépublication dans Spirou et je me souviens que le récit m'avait fait forte impression. C'est que, derrière l'histoire, en apparence banale (un étudiant cherche son chat enfui), se cachaient des vérités plus profondes. Les paroles d'un certain vieillard, croisé dans cette nuit d'errance, font encore écho aujourd'hui.
Il y a, comme ça, des propos qui marquent. Quelques années plus tard, en 2002, l'auteur, par l'intermédiaire de son personnage, allait me faire cadeau d'une réplique, devenue depuis une sorte de mantra : "Voilà une chose qui peut me donner envie de me lever le matin ! Que des gens font des livres !". Elle se trouve dans l'histoire "Un faune sur l'épaule" qui, sauf reprise hautement improbable du personnage, demeurera le cinquième et dernier album de Broussaille. Je ne dis pas que je pense systématiquement à cette phrase au réveil, mais, disons que si je daigne sortir de mon lit, ce n'est pas uniquement pour aller faire un jogging...
On l'aura compris, Frank va manquer. Comme celles de tant de vrais artistes avant lui, son oeuvre lui survivra. La (re)découvrir donnera au moins une raison de se lever le matin !
Au revoir et merci, Monsieur Frank !
Nicolas Lesire
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